Cri de larme

Rêveries éparses dans le soleil rouge de la mer endolorie
Des corps abscons flottent là sans atermoiement
Ils s’égarent dans le vide de l’antre chaud
Qui les accueille là
Sans larme
À part
Sans arme
Ils s’évadent dans le flot de l’eau qui se meut dans l’errance de leurs pensées

Sans râle

Sans rame.

Texte de Natacha bensimon « cri de larme » issu du recueil de poèmes « a les lisière des âmes frêles » et peinture de l’artiste iranienne Ahoo Hamedi.

À l’orée du courant

Alliage de sève et d’oracle bénis

Dans le dessin de l’horizon

Tout près de l’antre de la joie

Il part blotti dans les méandres de ses blessures

Chavirant las à l’orée du courant

Cheminant là dans la traverse du temps

Que s’est il passé ?

Abasourdi par l’envie

Anéanti par l’envol

Éminemment avide d’oubli

Et retord à la vie.

Cède à la trêve,

pars et ne te retourne pas.

……………… Natacha bensimon …………….

Chagrin immaculé de jour

La beauté des ombres n’a pas la grâce des belles âmes mais elle s’élance, agile dans l’éblouissement des prières hagardes.

Appelle à la décadence des embellies à venir …
Appelle à l’entremise des émulations vaines …

Attend ton tour pour parfaire à la danse et réprime tes bleus qui ne chantent que l’offense.

La merveille n’a de cœur que pour tes offrandes abusives.

Mais tes reflets fleurent bon l’éloquence des belles flammes endormies.

Je ne retiens que tes lueurs savoureuses de cendres bleuies dans l’âtre fier de ton soleil.

Et je m’en remets à la caresse du ciel d’automne alangui de silences pâles et de refus clairs.

Sache bénir les couleurs de l’enfance et n’aie pas peur de la pluie qui t’appelle.

Les plis de tes ailes tentent de se déployer dans l’effroi de tes fêlures.
Et s’élèvent au loin à mesure que l’iridescence de tes chagrins se voile de petites joies immaculées de jour.

…………….. Natacha bensimon …………….

Ibeji

Intrinsèquement mêlée, honorée, ornée emmêlée
Je traverse la trame de tes errances dans un double je idéalisé.

Jeu de masques, Je de maux, jeu d’orfèvre , Je de dupes, jeu d’hommages, Je d’adage … je déambule grave dans l’orfèvrerie de tes pensées …
Et je savoure.

Ces chairs d’opales douces amères, sèves savoureuses d’énigmatiques songes, pleines de succulence digne et de fêlures intimes.

Ornementales et puissamment vraies,
apparentées à l’amour de l’outrance et célébrant la grâce des jolies choses,
elles se pâment lascives, pleines de plumes et de larmes chatoyantes où la parade fleure la luxure mais s’égare dans les fards de l’absence.

Dérision douce, intelligence fébrile, chancelantes de vérité et d’impudeurs câlines…

Je les aime et les cajolent, elles m’inspirent et me possèdent, m’oppressent autant qu’elles m’élèvent et m’émeuvent dans ce qu’elles me racontent de toi et que je ne connaissais pas de moi.

Jeu de moi, Je en toi, entremêlement du Je dans le miroir du Moi
C’est par ce jeu là qu’en te révélant à toi tu me révèles à moi.
« Ibeji » en Yoruba, IBI = né et EJI = deux.

« Jemmellas » en espagnol, « jumelles » en français qui viennent du latin « gemellus » qui veut dire « double ».
Double … jeu de deux sans duel
en duo.

Obsession
Adorée
Désarmante
De beau et de vrai.

Texte de Natacha bensimon et peinture miss van, ma sœur jumelle, à Barcelone pour la préface d’un de ses livre d’artiste.

À fleur d’aurore

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Peinture de miss van

Opalescentes endormies dans les affres de ton désir, les volutes de tes peurs se séparent et s’emparent de la beauté du jour.

A nu d’aurore, elles dévoilent leur ardeur et dansent dans le creux de tes liens.

Effluves de lave affamée d’effusion secrète, elles s’enivrent de ta douce candeur et effleurent ton âme en soufflant sur les replis de ton cœur.

A flot de mots

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À la volée des heures indues à l’effigie des âmes en peine, tu creuses la lie des amours fous engloutis dans les soieries de l’indifférence.

Ce qui t’effleure est blotti dans les entrelacs de ta liesse et s’évapore à mesure que le sort t’endort.

À fleur d’ennui, tes vagues s’étreignent de flammes acerbes et, dans le firmament de tes lueurs, calment le bruit de tes erreurs.

Puis tu t’oublies…

Et soudain la pluie t’émeut de te faire frémir à l’orée de la joie.

Et ta parole libère ses flots d’émoi, harassée par l’envie de s’enhardir du chant des certitudes.

Alanguis, les mots s’enivrent et tracent les contours de tes larmes singulières.

 

… Natacha Bensimon …

……

Image : peinture de miss van, tous droits réservés http://www.missvan.com

À l’orée de l’aube

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Dans les attraits de l’imprévisible incidence de mon insensible dissidence, j’oublie le bruit du temps.

Bruissements attendris d’étourdissants chagrins, je sème mes sermons à l’orée du vent soudain.

L’obscurité m’accueille dans ses embrasements d’âme et éclaire mes écueils de ses réflexions blêmes.

Je chasse l’intime déférence aux illusions qui dorment et fredonne l’insouciance de mes égarements aphones.

Insoumise au silence des émotions vaines, je déplace mes envies d’éclosion en déferlante frêle …

Et je chancèle …

 

… Natacha Bensimon …

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Image : Peinture de Miss Van, tous droits réservés www.missvan.com

Vestige de nuit

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Poésie fugitive au regard triste implorant la joie, tes joues à ramage ont le charme intime des homélies solaires.

Le carmin de tes baisers s’est délité dans les vestiges de tes oublis.

Et tes vertiges, qui souffrent de trop aimer la pluie, t’intiment de ne point réprimer la lie de tes envies.

Abîmés par le craquèlement de tes chagrins, ils invoquent la force des embruns, pour défier l’emprise du matin.

Mais tu ne peux te résoudre à jeter l’opprobre sur l’absolution qui leur revient.

 

… Natacha Bensimon …

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Image: Sculpture en céramique de l’artiste Bonnie Marie Smith 

Tous droits réservés http://www.bonniemariesmith.com

Rêve d’emprise

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Habit de chimère tressé de foudre chamarrée de poudre, tu m’embarques dans des ornements de caresses habitées d’effroi.

Tes gracieuses mines m’enchevêtrent dans les filaments de ton impudique paresse.

Paradant à foison dans les tourments égarés du courant, tu brilles dans les reflets de tes ondulations lascives.

Le soleil s’accorde à te servir de mage mais tu préfères la lune qui dort dans le creux du matin et feint d’illuminer le feu de ton chemin.

En chamane échevelée d’avoir parcouru les récitals enfiévrés d’azur, tu offres ta ferveur à qui saura briser l’effluve du pardon.

Et tu savoures l’exquise emprise que tu exerces quand tu t’éprends, comme par méprise, de tes emportements.

 

… Natacha Bensimon …

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Image : peinture de miss van, tous droits réservés http://www.missvan.com

La dérobée

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À la dérive, je me pâme dans les intermèdes de l’orage et je vire d’embellir le sillage de mes pensées.

Sans obéir à l’incise qui me parle de saillance, je respire l’entremise qui m’égare dans la défaillance.

Alanguie dans les veines de l’emprise de mes rêves, je m’emprisonne dans la robe de mes césures déplacées;

Enchantée de m’extraire de l’erreur inachevée me permettant d’absoudre ces artifices endiablés.

C’est ainsi que renait l’esprit des servitudes, désempli mais épris de fausses certitudes.

A qui d’autre pourrais je me dédire de mes dissidences, si l’espérance entrave le bruit de mes silences enfouis?

Si ce n’est à ces âmes grises, impatientes d’être, sans offense, laissées pour compte.

 

… Natacha Bensimon …

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IMAGE : Peinture de Miss Van, tous droits réservés http://www.missvan.com